Groupe d'Animation Tourisme Montoir
Menu icoMenu232White icoCross32White
?>

Images de la page d'accueil

Cliquez pour éditer

Texte, bouton et/ou inscription à la newsletter

Cliquez pour éditer

Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux

Cliquez pour éditer
icoFacebook24Color icoYoutube24Color
  • Groupe d'Animation Tourisme Montoir
  • Musée ▴▾
    • Marine en bois du Brivet
    • Le musée de plein air
    • Actualités & évènements
    • Agenda
    • Nos labellisations
  • Remontées du Brivet ▴▾
  • Jardin médiéval ▴▾
  • Domaine de l'Ormois ▴▾
  • Lettres d'histoire ▴▾
  • Centre de Ressource JL Monvoisin ▴▾
  • Accueil des cyclotouristes ▴▾
  • Groupe Animation Tourisme Montoir ▴▾
    • Présentation
    • Galerie Photos
    • Contact
    • Nos partenaires
    • Annuaire adhérents
  • Faire un don
  • Se connecter
  • Marine en bois du Brivet
  • Le musée de plein air
  • Actualités & évènements
  • Agenda
  • Nos labellisations
  • Présentation
  • Galerie Photos
  • Contact
  • Nos partenaires
  • Annuaire adhérents
Retour
Michel MAHE
7 janvier 2026
La poche de St Nazaire 4 Aout 1944 - 11 Mai 1945

La poche de St Nazaire 4 Aout 1944 - 11 Mai 1945

L’avancée des alliés :

Après le débarquement de Normandie des troupes alliées en juin 1944 puis la percée d’Avranches, début août, les troupes alliées déferlent sur la Bretagne. Rennes est libéré par les blindés de la 4ème division américaine le 4 août. Les Américains se dirigent ensuite vers Redon, libérée le 5 août, puis Vannes le 6.

Cette avancée rapide des troupes alliées en Bretagne provoque le reflux de nombreux soldats allemands, traqués par les résistants, vers Saint-Nazaire.

Le major-général Huenten reçoit l'ordre de Berlin de recueillir tous ces soldats en déroute et de défendre la base sous-marine jusqu'au dernier homme. Cet afflux de troupes renforce les effectifs allemands.

Dans un premier temps, les blindés US envisagent de se diriger vers Saint-Nazaire, mais le général Patton préfère consolider la libération de la Bretagne, en se dirigeant vers la presqu’ile de Quiberon. Devant l’indécision américaine, iles Allemands occupent Nantes jusqu’au 12 août, en détruisant les installations portuaires et en bloquant la Loire.

L’avancée des troupes alliées en Bretagne entre juin et août 1944

Ce choix stratégique américain de finalement négliger l’estuaire, en passant au nord du canal de Nantes à Brest, permet aux Allemands de consolider le front nord et surtout le front est de la future poche près de Savenay.

Saint-Nazaire détruite en 1943,

Un second afflux de troupes allemandes se repliant sous la pression des résistants, se dirige vers le pays de Retz et la baie de Bourgneuf, pour intégrer la partie sud de la future poche.

La « forteresse Saint-Nazaire », est commandée à partir du 8 août par le général Huenten. La poche de Saint-Nazaire est délimitée au Nord par la Vilaine (le pont de la Roche Bernard, miné, est détruit le 15août par un violent orage qui déclenche la mise à feu des explosifs), puis Nivillac, le canal de Nantes à Brest, Guenrouet, Bouvron,

La forteresse allemande de Saint-Nazaire :

Les défenses allemandes sont réparties sur une superficie de 1 800 km2, depuis l’embouchure de la Vilaine au nord jusqu’à Pornic au sud de la Loire. C’est la plus grande Poche le long de l’Atlantique.

L’effectif total allemand est d’environ 28 000 soldats, toutes unités confondues. Le système de défense est composé de 3 cercles concentriques.

Le premier, le plus long, correspond aux lignes de front, sur une longueur totale de 100 km, où sont disposés sept bataillons d’infanterie au nord et cinq au sud, comprenant chacun de 400 à 650 soldats, soit entre 5 000 et 8 000 hommes. Ils sont soutenus à l’arrière par des unités d’artillerie.

Le deuxième cercle, distant d’environ 20 km du premier, est un véritable camp retranché protégeant les zones élargies de Saint-Nazaire et Saint-Brévin. Il compte environ 2 000 soldats, et est renforcé par des barrages antichars et de nombreuses pièces d’artillerie anti aérienne.

Le troisième cercle, le plus petit, est le cœur de la forteresse. Il comprend Saint-Nazaire, la base des sous-marins et le port, ainsi que Saint-Brévin et la pointe de Mindin défendant les accès maritimes de l’estuaire de la Loire.

Carte de la Poche de Saint-Nazaire

Au début du mois d’août 1944, la conjonction des perspectives, alliées, notamment américaines, et des derniers espoirs nazis, explique le maintien des enclaves allemandes qu’on nommera qui deviendront des « poches ». Par son décret en date du 19 janvier, Hitler avait fait établir la liste des secteurs du littoral qui devaient être défendus afin de bloquer les ports. Y figuraient Dunkerque, Cherbourg, Saint-Malo, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle La Pallice, Royan, Le Verdon. Toutes ces villes furent déclarées forteresses et reçurent l'ordre de résister jusqu'au dernier homme. Même si la guerre leur est désormais moins favorable, après les débarquements alliés de Normandie et de Provence, mais surtout avec l'avance rapide de l'Armée Rouge en Europe centrale, les Allemands ne perdent pas tout espoir de l'emporter. Pour cela, ils comptent sur les nouvelles armes (V1, V2, avion à réaction, arme nucléaire), mais également sur la possibilité d'un brusque renversement des alliances combattant le nazisme : la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Union Soviétique.

Les poches de l’Atlantique

D'autre part, les Américains, même s'ils reconnaissent l'importance du rôle de la résistance dans la libération de parties étendues du territoire, comme l'intérieur de la Bretagne et tout le sud-ouest, n'envisagent pas la restauration de la souveraineté française. Au contraire, comme en Italie, ils pensent installer une Administration militaire alliée des territoires occupés (A.M.G.O.T.). Ce qui les préoccupe le plus, en cet été 1944, c'est de foncer le plus vite possible, y compris en évitant les villes comme Paris ou Strasbourg, vers l'Allemagne, dans l'objectif d'éviter que la libération de l'Europe ne soit le seul fait de l'Armée Rouge.

Dans ces conditions, on comprend pourquoi la forteresse Saint-Nazaire, sa base de sous-marins et sa "poche" sont un point d'appui essentiel pour les Allemands dans la perspective d'une contre-offensive future - et celle des Ardennes fin 1944 montrera que ce n'est pas une vue de l'esprit - alors que, pour les Américains, c'est un objectif tout à fait secondaire qui ne mérite ni un détour, ni un retard.

La base sous-marine de Saint-Nazaire,

Les débuts d’une guerre de position :

Le front se stabilise en septembre 1944. Des bataillons FFI du Morbihan se déploient le long de la Vilaine, tandis que le long du canal de Nantes à Brest s’installent trois bataillons de FFI de Loire-Inférieure. A l’est, le 5ème tient le secteur allant du Temple de Bretagne à Cordemais. Au sud Loire, la ligne principale entre Pornic et Frossay est tenue par 4 bataillons FFI

Commandés à partie du 23 octobre par le général Chomel, ce sont 12 500 FFI qui sont déployés, face à 20 000 Allemands, renforcés au Nord par 2 régiments d’infanterie et l’artillerie US.

Un groupe de F.F.I.

Les principaux secteurs sont renforcés de novembre à décembre 1944 par l’arrivée de nouveaux bataillons de résistants, dont des éléments de la brigade Charles Martel. La multiplication des bataillons de FFI provenant de plusieurs départements complique l’organisation.

La 94éme division d’infanterie US stationnée autour de Bouvron et commandée par le général Kramer est remplacée par la 66ème division, la « Panther’s division »

A partir de janvier 1945, les résistants sont progressivement intégrés à l’armée française. Les FFI de Loire-Inférieure constituent la 25ème division d’infanterie composée de 16 500 hommes. Les opérations militaires de la zone nord de la poche sont maintenant sous la haute autorité du général Kramer, qui conservera le commandement jusqu’à la libération.

La plupart des résistants autour de la poche sont des volontaires, souvent très jeunes et peu aguerris. Ils sont équipés d’armes disparates, certaines récupérées à l’ennemi, d’autres troquées auprès des Américains, ou encore celles acheminées par parachutages. Ils construisent des casemates aux avant-postes pour se protéger, et organisent des patrouilles pour surveiller les déplacements de l’ennemi.

Ils sont vêtus de tenues civiles ou militaires, récupérées parmi les stocks allemands ou prêtées par les Américains.

Mais cette armée de fortune, mal équipée et mal nourrie d’environ 16 000 hommes, réussira à contenir pendant 9 mois les 28 000 soldats allemands enfermés dans la Poche.

Près de 700 résistants seront tués au combat.

F.F.I. dans la zone sud de la Poche

A partir du mois d'août, la vie des 124 000 empochés ne va pas être simple. Aux habitants des communes enfermées dans le territoire de la poche se joignent la grande majorité des 36 000 Nazairiens (totalement évacués le 1er mars 1943) et des communes voisines (Trignac, Montoir), qui ont fui les bombardements dans des conditions précaires, ayant souvent de surcroit perdu un être cher et qui n'ont pas pu quitter le territoire de la poche. Les plus chanceux ont pu être hébergés dans leur famille, d'autres cherchent à louer une maison, une simple grange, voire une ancienne écurie en campagne. Ils sont mal vus, car "venant des villes » ; La précarité de ceux qu'on nomme les "réfugiés" s'en trouve encore accentuée. Ils vont aussi se trouver confrontés à la pénurie alimentaire, aux problèmes de chauffage et de circulation durant le dur hiver 44/45.

Les combats durant la poche :

Les affrontements ont lieu entre septembre 1944 et avril 1945 sur 4 zones principales.

Au nord, le long de la rive de la Vilaine, les Allemands tentent de nombreuses incursions pour franchir le fleuve, avec une importante offensive en septembre 1944. L’objectif est de reconquérir Vannes, mais les attaques allemandes sont repoussées par les bataillons FFI du Morbihan, de même que celles menées le long du canal de Nantes à Brest.

La zone est, entre Cordemais et Bouvron, est soumise à d’intenses combats. Les villes de Guenrouet et Bouvron et dans une moindre mesure Malville et Notre dame de Grâce, sont particulièrement touchées par les tirs d’artillerie, faisant 46 victimes civiles, dont 26 à Bouvron. Les églises, postes d’observation potentiels, ainsi que les moulins, sont particulièrement visés

Canon anti aérien Allemand

Les bataillons FFI et les Américains engagent le 19 avril 1945 une offensive entre le sud du canal de Nantes à Brest et Bouvron. De violents affrontements ont lieu autour de cette ville, ce qui explique le choix de ce lieu stratégique pour la cérémonie officielle de reddition allemande du 11 mai 1945.

Au sud, la ligne de front évolue entre août et décembre 1944 en faveur des Allemands qui gagnent du terrain. Une première offensive a lieu le 16 septembre 1944 autour de Saint-Père en Retz. Une seconde se déroule à Chauvé et à La Sicaudais le 21 décembre, période correspondant à la grande offensive de la Wehrmacht dans les Ardennes. Un échange de prisonniers se déroule près de Pornic le 22 novembre 1944.

Photo prise lors du  combat de la Sicaudais

On peut dire que globalement, cette guerre de position est un succès pour les résistants, et ce jusqu’à la capitulation du 11 mai 1945.

Les réfugiés dans la poche :

De juin 1940 à juin 1943, une cinquantaine de bombardements alliés détruisent la ville de Saint-Nazaire, ainsi que les villes voisines, Trignac en particulier, faisant de nombreuses victimes.

L’évacuation de Saint-Nazaire, décidée le 17 février 1943, est effective le 1er mars. De nombreux habitants des communes voisines font de même. Près de 40 000 « réfugiés » vont se retrouver pour la plupart dans la presqu’ile guérandaise, mais également en Brière, ou dans la région de Pontchâteau, certains dans les départements limitrophes.

Les plus chanceux sont hébergés dans les familles ou chez des amis. D’autres louent une maison, quelquefois une simple grange et même … une écurie.

Groupe de réfugiées à Saint-Lyphard

La grande majorité des réfugiés se retrouve enfermée dans le territoire de la poche en août 1944. Ce sont ainsi environ 124 000 civils qui vont se retrouver isolés par rapport au reste du territoire dont les trois quarts sont libérés le 15 septembre 1944.

Et, pour les "empochés", l'occupation va durer neuf longs mois supplémentaires, neuf mois pendant lesquels ils connaîtront les vexations et les restrictions, la faim et le froid et parfois le prix du sang et des larmes. Situation ubuesque où ils obéissent à une administration encore soumise aux lois de Vichy, alors qu'à quelques kilomètres la république est instaurée.

La dure réalité au quotidien pour eux, c’est une quête de tous les jours pour le ravitaillement et pour des informations sur le déroulement du conflit. Certains d’entre eux participent aux récoltes et aux vendanges durant la fin de l’été et l’automne 1944 en aidant les agriculteurs. Mais ils sont vite confrontés à la pénurie alimentaire. L’hiver très rude 1944-1945 va engendrer de gros problèmes de chauffage.

Vendanges à Saint-Lyphard,

Des comités de réfugiés voient le jour dans certains secteurs de la poche. Ils aident les empochés au quotidien pour régler les litiges, faciliter les démarches administratives, permettre la circulation de l’information, officielle ou clandestine, etc…

L’hôpital de Saint-Nazaire ayant été détruit, les services hospitaliers se retrouvent transférés à l’hôpital de Savenay durant la Poche. Les équipes de la Croix-Rouge ont la délicate mission de transporter malades et blessés vers l’hôpital, mais la pénurie de carburant les oblige à s’adapter. Les blessés sont transportés sur des civières attelées à des vélos ou tandems. Les équipes portent des casques de la défense passive récupérés Saint-Nazaire, et repeints en blanc avec l’insigne de la Croix-Rouge. Un hôpital est également installé dans l’abbatiale de Saint-Gildas des Bois.

Les membres de la Croix Rouge de Savenay

La vie dans la poche :

A partir du mois d'août, la vie des 124 000 empochés ne va pas être simple. Aux habitants des communes enfermées dans le territoire de la poche se joignent la grande majorité des 36 000 Nazairiens (totalement évacués le 1er mars 1943) et des communes voisines (Trignac, Montoir), qui ont fui les bombardements dans des conditions précaires, ayant souvent de surcroit perdu un être cher et qui n'ont pas pu quitter le territoire de la poche. Les plus chanceux ont pu être hébergés dans leur famille, d'autres cherchent à louer une maison, une simple grange, voire une ancienne écurie en campagne. Ils sont mal vus, car "venant des villes » ; La précarité de ceux qu'on nomme les "réfugiés" s'en trouve encore accentuée. Ils vont aussi se trouver confrontés à la pénurie alimentaire, aux problèmes de chauffage et de circulation durant le dur hiver 44/45.

La principale préoccupation est la nourriture. Les commerces sont souvent vides, et la grande majorité des empochés passe son temps à sillonner la campagne en rêvant de rapporter de la nourriture.

Tickets de rationnement

Pour circuler, il est nécessaire d’avoir un « Ausweis » (un laisser-passer), difficile à obtenir et valable un jour seulement. Le contrôle policier est draconien. Le couvre-feu est en vigueur de 21h30 à 5h30. Il est interdit de fermer sa porte à clé et la liste des personnes vivant dans un logement doit être affichée à l’extérieur.

Laisser Passer

On se déplace à pied, sur des vélos anciens presque hors service et munis de pneus hétéroclites, tuyaux d'arrosage, bouchons de bouteille..., car les Allemands ont réquisitionné tous les bons vélos, pour chercher souvent en vain, du ravitaillement. Quand on rapporte quelques précieuses denrées, c'est pour tomber sur des soldats allemands qui les confisquent.

Le potager est le moyen quand c'est possible, de remplir les assiettes. Là encore il faut surveiller car les vols sont nombreux. On mange même la moelle des choux, les topinambours qu'on donne habituellement aux animaux. Les Allemands procèdent souvent à des réquisitions de nourriture, armes au poing.

Contrôle allemand

Dans les zones côtières, la pêche à pied est interdite, car les plages sont minées. Peu de bateaux sortent en mer, les marins doivent être munis d’un ausweis spécial pour la pêche. Les Allemands les attendent au retour pour se servir, les poissons restants sont troqués en échange d’autres denrées.

La moisson est très compliquée en 1944, il faudra attendre octobre pour battre. Labourer présente un risque énorme à cause des mines et des obus. Heureusement 1944 est une "année à pommes" qui permettra de sauver de la famine beaucoup d'empochés.

En Brière, la chasse est interdite. On pêche des pimpeneaux ou des poissons, c'est toléré dans le marais.

Tout manque, le café bien sûr que l'on remplace par des glands qu'on fait griller, le sucre est remplacé par de la saccharine, le tabac par les feuilles de topinambour. On fabrique son savon avec de la soude mélangée à du suif et de la résine.,

Pour se vêtir, on file de nouveau la laine, on utilise les vieux draps ou les couvertures pour faire les vêtements. On tisse même du typha en Brière. On se confectionne des chaussures faites de planches recouvertes de vieux pneus. Et on multiplierait à l'infini les exemples de système D.

Le troc devient monnaie courante. On échange des pneus, ou du tissu...contre de la nourriture. On donne des cours aux enfants contre un litre de lait, on garde les vaches contre un litre de cidre...

Le 28 janvier 1945, une délégation de la Croix Rouge internationale est autorisée à pénétrer dans la poche pour évaluer les besoins de la population civile.

Quatre trains chargés de denrées de première nécessité (farine, sucre, beurre, viande en conserve, pommes de terre, lait en poudre, savon, médicaments...) partiront vers la poche en février, mars et avril 45. La distribution se fera par secteurs, sous le contrôle de la Croix Rouge, avec l'appui de relais de distribution préexistants tels que les coopératives de consommation

Train de la Croix-Rouge

L’information durant la poche

La poste :

Elle continue de fonctionner durant la poche, mais selon les endroits, le courrier circule plus ou moins vite. Mais aucune lettre ni aucun colis postal ne peuvent entrer ni sortir du territoire de la poche. On utilise les timbres à l’effigie du maréchal Pétain, alors que dans la France libérée, ce sont les timbres représentant une tête de Marianne qui sont mis en service. Devant la pénurie, le sous-préfet de Saint-Nazaire autorise le 30 mars 1945 la confection de nouveaux timbres représentant les armoiries de la ville, qui ne circuleront que dans la poche.

Enveloppe affranchie durant la poche

La Croix-Rouge permet également d’échanger des messages entre les empochés et les membres des familles situés à l’extérieur de la Poche.

Message familial envoyé par la Croix-Rouge

Les postes de radio :

Le seul lien avec le monde extérieur demeure le poste de radio. Les Allemands ont dès leur arrivée en 1940 réquisitionné les appareils. Mais de nombreux français ont rusé et les ont conservés. Il n'est pas facile d'écouter la radio chez soi, à cause des coupures de courant et du risque d'être entendu puis dénoncé.

Les postes à galène font leur réapparition. Faciles à construire et à cacher, ils fonctionnent sans courant et n'ont besoin que de peu d'antenne.et d'un casque pour l'écoute.

Dans plusieurs endroits de la poche, des personnes se réunissent non seulement pur écouter et noter, puis diffuser les nouvelles de l'extérieur en les faisant circuler dans la poche sous le manteau.

C'est le cas de Radio Pédale à la Chapelle des Marais, et de radio Espoir à Trignac.

Couverture dossier Radio-Espoir

Fondé en juin 1944 par Mr Lefeuvre, rédigé chaque jour par Mr Boiraud, tapé à la machine par la dévouée secrétaire Mlle Herveau (par ailleurs employés tous trois aux forges de Trignac), il est ensuite diffusé dans toute la poche, et ce du 3 août 1944 au 14 mai 1945 où il cesse de paraître après la libération. Il permet aux empochés d'avoir chaque jour des nouvelles des différents fronts, de l'avancée des alliés et de l'évolution de la situation dans le monde. C'est un véritable acte de résistance qui mérite à ses auteurs le plus grand respect.

Les évacuations

Durant les 9 mois de la Poche, les contacts entre allemands et alliés seront nombreux. L'état-major allemand souhaite évacuer en masse les civils qui sont des bouches inutiles. Quelques milliers de volontaires quittent à pied la poche en septembre (grâce au sous-préfet de Saint-Nazaire Benedetti).

Les Américains sont plutôt opposés à une évacuation, car cela augmenterait les possibilités de ravitaillement pour les Allemands.

Un accord est passé entre les autorités militaires allemandes, françaises et américaines, prévoyant une évacuation par train vers Nantes. L'échange se fait à Cordemais dans des conditions très précises. La zone de la gare devient zone neutre, les rails sont démontés après chaque passage. Toutes les hostilités sont suspendues durant ces trêves. Du 23 au 28 octobre 1944, 7 000 civils à bord de 6 convois seront évacués.

Arrivée d’un train de réfugiés à la gare de Cordemais

D’autres contacts entre Allemands et alliés auront lieu à Cordemais en décembre, et permettront le passage des premiers trains de ravitaillement de la Croix Rouge. Quatre trains chargés de denrées de première nécessité (farine, sucre, beurre, viande en conserve, pommes de terre, lait en poudre, savon, médicaments...) partiront vers la poche en février, mars et avril 1945. La distribution se fera par secteurs, sous le contrôle de la Croix-Rouge.

En janvier, toujours à Cordemais, on échange des dépouilles de soldats morts des deux camps, en présence de journalistes américains.

Le 28 janvier 1945, une délégation de la Croix-Rouge internationale est autorisée par les Allemands à pénétrer dans la Poche pour évaluer les besoins de la population civile.

Les évacuations de civils par train reprennent du 18 au 25 janvier 1945, avec 7 convois. Il y aura quatre autres départs entre le 18 et le 21 février, Des réfugiés profitent également des trains de ravitaillement en mars et avril pour quitter la Poche. Le dernier convoi a lieu le 26 avril. Grâce à toutes ces évacuations, environ 20 000 civils auront quitté la poche.

Deux Militaires, un Allemand et un Américain devant un wagon de réfugiés

Au sud de la Poche également, des trêves ont lieu, pour échanger des prisonniers le 28 novembre 1944, mais aussi pour l’évacuation de civils en avril 1945.

Les Passeurs :

Les frontières de la Poche deviennent de plus en plus hermétiques après le 4 août et surtout au début de septembre 1944.

Dans le no man’s land entre les lignes, large d’environ 3 km, de nombreuses patrouilles allemandes circulent, et n’hésitent pas à tirer sans sommation et à tuer des civils.

Et pourtant, il faut passer coûte que coûte les lignes, et ils seront nombreux à essayer, malgré les risques encourus.

Les personnes qui tentent cette aventure sont des "empochés" voulant rejoindre les groupes de résistants, des soldats alliés évadés ou des aviateurs tombés dans la Poche, mais également des déserteurs allemands ou russes, incités à se rendre par les tracts Alliés les informant de la situation réelle en Allemagne, et les incitant à se rendre ...

Les passages se font par la mer du Pouliguen vers Noirmoutier, du Croisic vers Pénerf, malgré la surveillance des vedettes allemandes qui patrouillent sans relâche. Les pêcheurs risquent gros mais parviennent à faire passer, grâce à un double fond dans le navire, des hommes, ou du courrier, ou des documents destinés à la résistance.

On traverse également la Vilaine, à plusieurs endroits, en profitant de la marée haute. On transporte dans les barques des résistants voulant s’engager dans les FFI, des réfugiés, et… des Allemands déserteurs.

Lavau, petit bourg près de Savenay, est un « nid » de passeurs. Au péril de leur vie, ils déjouent la surveillance allemande pour rejoindre la zon libre. Ils transportent des agents de renseignements, des déserteurs (Allemands et Polonais), ainsi que les aviateurs évadés du camp Franco de Montoir.

Les passeurs de Lavau

Le 19 septembre, un avion Mosquito atterrit près de la Chapelle des Marais. Les habitants du village hébergent les aviateurs, puis, aidés par deux résistants, Richard Wright et Généreux Gautier, portant des vêtements civils, les lieutenants Woodruff et Moncour se cachent en pleine Brière dans une hutte de roseaux. Ils sont ensuite pris en charge par des FTP, traversent les lignes et on les transporte sur la rive sud de la Loire. Après une nuit à Frossay dans le no man’s land, les FFI les conduiront à l’état-major américain.

Parmi les passeurs de Lavau, Arsène Septier réalise le record de 127 passages jusqu'à son arrestation le 27 janvier 1945. Après avoir tenté de s'évader, il est condamné à mort le 19 avril. Il échappera au peloton d'exécution grâce à la libération de la Poche.

Les exactions des Allemands durant la poche :

Durant cette difficile période, les occupants allemands vont hélas commettre nombre d’atrocités, dont quelques-unes sont relatées ci-dessous.

10 août 1944, Notre-Dame De Grâce :

Trois jeunes gens partis de Saint-Joachim chercher du ravitaillement sont arrêtés par les Allemands, et conduits à la Kommandantur de Notre-Dame de Grâce. Confondus à tort avec des terroristes, ils sont entrainés dans un chemin de terre. L’un d’entre eux parvient à s’enfuir, les deux autres sont massacrés par les Allemands.

11 août1944, Montoir de Bretagne (Loncé) :

Barthélémy Veylon, 22 ans, boucher à Trignac et deux de ses camarades s’arrêtent dans un café à Loncé, et repartent peu après. L’un des trois laisse tomber par inadvertance de sa poche un pistolet servant à tuer les animaux. Des soldats allemands, témoins de la scène, les prennent pour des résistants, et les rattrapent rapidement. Au bord d’un pré, on les oblige à creuser leur tombe, puis ils sont fusillés sur le champ.

Le monument dressé à la mémoire de Barthélémy Veylon à Loncé en Montoir

11 septembre 1944, Campbon :

Ce jour-là, Emmanuel Caux, 23 ans, jeune résistant (frère d’Etienne Caux, futur maire de Saint-Nazaire), se rend à Campbon où on lui confie un révolver. Au retour, il s’arrête dans un café où quelques instants après, des Allemands font irruption. Il tente de s’enfuir par une fenêtre, mais est abattu à bout portant.

Emmanuel Caux

14 août 1944, Saint-Etienne de Montluc :

Un affrontement éclate entre une patrouille allemande et des résistants dans le village du Moulin Neuf, près de Saint-Etienne de Montluc, qui réussissent à mettre en déroute les Allemands. Le lendemain 15 août, un détachement d’environ 500 Allemands cerne le village et incendie des fermes et des habitations. Une vingtaine d’habitants tentant de s’enfuir sont tués ou blessés.

5 avril 1945, Congor (Guérande) :

Dans la ferme de Congor, non loin de Saillé, les 4 membres de la famille Baholet, le père la mère et les deux enfants, sont sauvagement assassinés. Bien que l’enquête n’ai jamais abouti, la famille reste persuadée que le crime a été commis par des Allemands qui patrouillaient dans la région.

Patrouille Allemande

Jean de Neyman (1914-1944) :

Enseignant et militant communiste, il est exclu de l’enseignement public et devient professeur à la Baule, au cours privé « Le Cid ». Il entre dans la résistance en 1943, et constitue un groupe franc dont le lieu de résidence est la ferme de Joseph Gergaud, à Kermichel en Saint-Molf. L’activité du groupe est importante, coupures de câbles souterrains, sabotages de lignes électriques et téléphoniques, destructions de mines, attaques de postes allemands, aides à la désertion pour les soldats allemands.

Jean de Neyman en compagnie d’élèves du cours privé Le Cid à La Baule

Le 17 aout 1944, Jean de Neyman est arrêté avec quatre de ses camarades. Lors de son procès, il réussit à persuader les juges qu’il est le seul coupable. Condamné à mort, il est fusillé près du château d’Heinlex le 2 septembre 1944.

Le Camp Franco à Gron :

C’est le plus connu des camps de travailleurs de Montoir. Il en existe sur le territoire de la commune plusieurs autres, dont celui de la caserne de Montoir.

Il est créé en 1941 par les Allemands, afin d’accueillir des groupes de Travailleurs Etrangers requis pour travailler à la construction de la Base sous-marine. Le nom qu’on lui donne s’explique par la forte présence de républicains espagnols, enrôlés dans des groupes de travailleurs étrangers.

La résistance à l’intérieur du camp est active, menée par les Communistes. Malheureusement, la plupart des responsables politiques sont arrêtés le 27 juin 1942. L’un d’entre eux, Juan Escuer Gomis, raconte dans ses mémoires son long séjour dans plusieurs prisons à Paris, avant sa déportation à Dachau le 18 juin 1944. Il en reviendra vivant en mai 1945.

Le camp accueille à partir de 1943 des prisonniers français, ainsi que des aviateurs anglais et américains capturés.

Durant la Poche, ils sont régulièrement ravitaillés par des groupes de résistants, qui ont créé un comité d’aide aux prisonniers, dans lequel figure une personnalité marquante, et respectable, la comtesse de Montaigu. Une collecte est organisée chaque semaine dans les fermes de Brière et chaque samedi, des denrées diverses, œufs, beurre, viande, légumes et pommes de terre leur sont distribués, ainsi qu’aux prisonniers civils de la prison de Saint-Nazaire, résistants et saboteurs. En fait, derrière cette aide du comité se dessine la mise en place d’un réseau destiné à faire s’évader les aviateurs anglais ou américains prisonniers, et assurer leur passage en zone libre.

Richard Wright en compagnie des 2 aviateurs anglais, septembre 1944

Le 11 septembre 1944, deux capitaines anglais parviennent à s’évader du camp. L’un d’eux est repris, mais le second, le capitaine Goss, sera hébergé durant 3 semaines en Brière avant d’être accompagné vers Lavau par des FFI pour se retrouver en zone libre.

Le 21 novembre, quatre officiers, un Anglais, un Français et deux Américains s’évadent à leur tour du camp. Les deux premiers sont repris. Quant aux deux Américains, malgré les recherches intenses menées par les Allemands, après avoir été cachés en Brière, ils réussissent, accompagnés de résistants, à se rendre par la Loire à Saint-Etienne de Montluc.

La libération des prisonniers du camp Franco est antérieure, de peu, au cessez-le feu. Le commandant allemand du camp, contacté par le Comité d’aide aux prisonniers, refuse à deux reprises, le 7 mai puis le 8 mai au matin, leur libération. Mais ceux-ci, prévenus de l’imminence de la capitulation, de révoltent et, brandissant couteaux et canifs, se dirigent vers la porte. Les Allemands, sur ordre de leur chef, tirent des salves en l’air, mais n’empêchent pas les prisonniers de sortir, drapeaux en tête.

Camp Franco, groupe de prisonniers 1944

Le camp Franco va continuer d’exister après le11 mai, mais cette fois, il accueillera des prisonniers allemands, et ce jusqu’au début de 1948. Parmi ceux-ci, en mai 1945, tout l’Etat-Major du général Huenten, capturé par les soldats français du 32ème R.I dans la carrière du camp de Villeneuve, à Saint-Nazaire. Mécontent du sort qui lui est réservé, Huenten réclame une villa en application de la convention de Genève

Prisonniers allemands dans les hangars près du camp Franco

En tout ce sont 28 000 Allemands dont deux amiraux et deux généraux qui partiront dans les camps de prisonniers après la libération de la Poche. Les prisonniers effectueront, selon les conventions de la reddition, le déminage de la Poche. Un millier d’entre eux resteront dans le département pour s’y fixer après 1948.

Montoir pendant la poche

Au moment où débute la Poche, la plupart des habitants de Montoir (environ 90%) ont quitté la commune, fuyant une localité insécuritaire, à l’approvisionnement de plus en plus précaire, et dont la scolarité des enfants n’est plus assurée, pour se réfugier dans des lieux estimés plus rassurants. Le maire fera appel à une montoirine pour qu’elle s’occupe, dans une salle de la mairie, de la vingtaine d’enfants de tous âges restés à Montoir.

A part les soldats Allemands en grand nombre, toute vie ou presque a disparu dans le bourg. Les commerces ont fermé, n’ayant plus rien à vendre. Les soldats allemands ont forcé les serrures des maisons abandonnées, et remplacé les civils. L’intérieur des maisons souffrira d’ailleurs de cette occupation « sauvage, » sans aucun respect.

Le soldat Werner Wodke dans une rue de Montoir

Dans les fermes, ce sont souvent les femmes qui gèrent les exploitations, les hommes étant prisonniers. Mais beaucoup de terres sont inexploitables, soit minées, soit déclarées zones interdites ou occupées par les nombreux cantonnements. On arrive cependant à vivre dans les fermes, avec les bêtes, la viande, le beurre, mais il y a les nombreuses réquisitions allemandes.

Le marché noir également est florissant, et des personnes sans scrupules, ne songeant qu’aux profits, sont prêtes à tout. Ainsi ils abattent des bêtes à l’Ormois, et remplissent ensuite des valises qui sont acheminées vers la capitale. Mais ce trafic tournera court, après le mitraillage d’un train où plusieurs trafiquants trouveront t la mort.

Le troc devient monnaie courante. Une jeune fille qui donne des cours à des enfants est rémunérée en portions de beurre, du gas-oil chapardé est échangé contre de la farine, et les exemples sont nombreux.

Les potagers sont la principale source pour remplir les assiettes, mais sont particulièrement surveillés, les vols étant nombreux, et les soldats allemands souffrant également de la faim ne sont pas les derniers à voler. Les rutabagas et les topinambours remplacent les betteraves dans les assiettes. Pour beaucoup, la seule viande consommée vient des clapiers. On va même jusqu’à manger… du renard !

Quant au café, les glands ou l’orge grillée grillés le remplacent, mais le breuvage est amer !

Pour se faire un peu d’argent, les enfants dénichent les nids et revendent les œufs aux Allemands. L’occupant tolère la pêche le soir dans les marais, ainsi que la recherche des champignons, tout en en gardant une partie, ce qui permet aux français de recenser les lieux où sont situées les batteries allemandes et de transmettre l’information à la résistance

Soldats allemands au camp de Gron

Comble de malchance, l’hiver 44/45 est particulièrement froid. Pour le chauffage, il ne reste que le bois, quelquefois des traverses de chemin de fer dérobées. Les coupures d’électricité sont fréquentes, on utilise les lampes à pétrole, à carbure, ou des bougies. Encore faut-il s’en procurer et là encore intervient le troc.

Malgré le tragique de la situation, les jeunes cherchent à se distraire. En dépit du couvre-feu imposé à 19h, des bals clandestins sont organisés, regroupant une vingtaine de personnes, prévenues de bouche à oreilles. Un accordéoniste, Alexandre, en est l’animateur. Ces soirées sont, en général, tolérées par l’occupant.

Quant aux Allemands, ils maintiennent la tradition en festoyant et en fêtant Noël à Montoir. Cependant le Gefreiter (caporal) Horsten cherchera longtemps sa carte d’invitation subtilisée sur le bureau de la kommandantur par le jeune André Thorel .

Invitation Gefreiter Horsten

La reddition allemande et la Libération :

Un premier contact est établi le 10 avril 1945 par l’intermédiaire du capitaine allemand Mueller, réunissant le sous-préfet de Saint-Nazaire Benedetti et le général Junck, commandant la forteresse Saint-Nazaire. Mais celui-ci refuse toute capitulation, menaçant même en cas d’attaque des Alliés de détruire toutes les installations portuaires.

Devant cette menace, les Alliés renoncent à l’attaque massive sur Saint-Nazaire qui était programmée pour le 20 avril. Les combats se poursuivent dans le secteur est du front. Mais le suicide d’Hitler le 30 avril à Berlin fait circuler le bruit d’une capitulation allemande.

Le 7 mai à Cordemais, un officier américain muni d’un drapeau blanc rencontre le capitaine Mueller, en demandant une reddition inconditionnelle. Le général Junck accepte enfin le principe de négociations fixées au lendemain 8 mai à Cordemais. Après un cessez-le-feu à 14h, les deux délégations, composées de trois officiers chacune, se rencontrent autour d’une table devant le café Moisan. Après ¾ d’heure de discussions, les Allemands signent la reddition.

La signature de la reddition à Cordemais le 8 mai

L’accord du 8 mai prévoit une cérémonie officielle le 11 mai, dans la prairie du grand-clos, près de Bouvron. Les Alliés décident de pénétrer dans la poche dès 7 h du matin, le 11, contrairement à ce qui était prévu.

Le général américain Kramer, le général français Chomel, accompagné du préfet de Loire-Inférieure Vincent, se retrouvent dans la prairie dès 9 h. A 10 h, trois véhicules allemands arrivent, transportant le général Junck, accompagné de ses officiers. Le général Junck se dirige vers le général Kramer et lui rend son arme. Puis les officiers allemands regagnent leur véhicule pour se rendre à la Baule, suivis peu après par les officiers français et le préfet qui mettent en place leur PC. La dernière partie du territoire français est enfin libérée, trois jours après la capitulation de l’Allemagne à Berlin.

A Bouvron le 11 mai, le général allemand Junck remet son arme au général américain Kramer

L’entrée des alliés dans l’ex-poche :

Comme prévu, dès le lever du jour, les premiers éclaireurs américains, une cinquantaine, quittent Fay-de-Bretagne à 7 h du matin, sont à Savenay vers 7h30, traversent Montoir sous les acclamations des habitants, passant sous une banderole où on peut lire « Honneur aux Alliés vainqueurs ». Pour ce qui concerne le sud Loire, trois colonnes parties de Vue franchissent la ligne de front vers 7h du matin.

Arrivée des premiers américains à Montoir le 11 mai

A Montoir, un petit avion américain se pose à la Mouidais. En descendent des officiers américains venant donner des directives aux autorités allemandes.

La Libération est fêtée comme il se doit, mais souvent avec retenue. Les gens regardant passer leurs libérateurs ont les larmes aux yeux, en se rendant compte que la guerre est enfin terminée. La jeunesse quant à elle en profite pour enfin se défouler. A Montoir, un bal a lieu sur la place du marché le 12 mai, sans être clandestin cette fois, et Alexandre peut enfin donner libre cours à ses talents d’accordéoniste.

La 66ème division américaine, la « Panther’s Division » traverse Montoir le 11 mai

Quelques règlements de compte auront lieu le 11 mai à Montoir. Quelques femmes ayant entretenu des relations amoureuses avec des Allemands, et soupçonnées de « collaboration horizontale » seront tondues, un soldat allemand qui avait rossé à de nombreuses reprises des civils recevra à son tour une sévère raclée. Ces actes sont souvent, hélas, le fait de « résistants de la dernière heure ».

Des policiers pénètrent également dans la poche, chargés de rechercher les collaborateurs. Un autre détachement doit s'assurer du respect par les Allemands des conditions du cessez le feu.

Policier FFI chargé du maintien de l’ordre

Les troupes alliées atteignent ensuite Saint-Nazaire quasi déserte vers 8h, mais dans la matinée les fusiliers marins français seront accueillis par quelques civils. Puis les alliés se dirigent vers La Baule, Le Pouliguen, Batz sur mer, Guérande, Le Croisic.

Dans chacune des villes libérées, une foule compacte se presse le long des rues, et l’accueil réservé aux militaires alliés est délirant. Toute une série de cérémonies et de bals auront lieu dans les jours qui suivent, où se mélangent civils, soldats français et américains, au son du jazz. La joie est cependant ternie par les pensées envers tous les proches disparus, souvent tués, ironie du sort, par nos libérateurs américains. La rancœur envers nos alliés sera tenace...

La foule en liesse à Besné

Toujours le 11 mai, des discussions ont lieu à Saint-Nazaire entre Français et Allemands, les navires allemands dont un U boot sont saisis, le drapeau nazi qui flottait sur la base sous-marine est descendu à 10h et remplacé par le drapeau français. Les festivités se dérouleront à la Baule, Saint Nazaire restant zone interdite pendant plusieurs mois.

L'épuration :

L'état de siège sera maintenu dans l'ancienne poche du 11 mai jusqu'au 9 juin. Les collaborateurs sont activement recherchés, ainsi que les traitres suspectés d'intelligence avec l'ennemi et les profiteurs qui se sont enrichis en commerçant avec les Allemands ou grâce au marché noir.

Des jugements seront rendus par des tribunaux civils suivis de condamnations.

Les 28 000 allemands se sont rendus sans problème. La plupart du temps, ils attendent calmement d'être pris en charge par les troupes alliées. Ils sont conduits ensuite dans les différents camps de prisonniers, dont le camp Franco, où ils remplacent les prisonniers français les républicains espagnols et les aviateurs alliés.

Le général Huenten y sera d'ailleurs emprisonné, malgré ses vives protestations, ainsi que les officiers supérieurs

Soldats allemands devant la gare de Montoir le 11 mai 1945

Les prisonniers allemands vont effectuer, en accord avec les conventions de la reddition, le déminage de la poche, (300 000 mines posées sur tout le département) la récupération des bombes non explosées, le déblaiement de Saint Nazaire. Chaque unité de soldats français a en son sein plusieurs prisonniers chargés de l'entretien du parc auto, de la cuisine, etc.…D'autres Allemands sont employés dans les fermes.

Démineurs allemands 1945

La captivité durera jusqu'en 47/48, On estime qu'un millier d'ex prisonniers resteront dans le département pour s'y fixer, soit ayant perdu leur famille, soit parce que leur village se trouve en zone occupée par les soviétiques, soit souvent parce qu'ils se marient avec des Françaises.

Après la guerre :

Le 23 juillet 1945, le général De Gaulle, atterrit à Escoublac et se rend à Saint Nazaire, où une foule nombreuse l'acclame devant la gare. Il se rend ensuite aux chantiers navals de Penhoët où il prononce un discours. De Gaulle écrit sur le livre d'or de la ville : "A Saint Nazaire, qui est un exemple et un espoir".

Le général De Gaulle à Saint-Nazaire le 23 juillet 1945

Il faut maintenant tout reconstruire. 20 000 exploitations agricoles sont dévastées, le cheptel est détruit. Saint Nazaire, Trignac, Donges sont en ruines. Les réfugiés nazairiens doivent encore attendre plusieurs mois avant de pouvoir pénétrer de nouveau dans leur ville, à cause des bombes non explosées et des mines.

Le déblaiement des villes sinistrées sera suivi de la construction de cités provisoires, afin de reloger les habitants. La reconstruction de l’habitat en dur ainsi que des installations portuaires et industrielles peut commencer.

Déblaiement de Saint-Nazaire

Les difficultés d'alimentation vont perdurer encore jusqu'à la fin des années 40. Les tickets de rationnement disparaitront le 1er décembre 1949.

Il faudra plus d’une quinzaine d'années avant de retrouver une vie normale à Saint-Nazaire et dans la région.

Crédits photos et documents (par numéros)

Musée de la Poche de Saint-Nazaire :10,11,12,15,17,18,19,20,23,24,32,36,38,39,40,41

SNAT-Ecomusée : 3,25,43

Archives Aremors : 4,5,6,14,28,29,30,42,44

Archives Michel Mahé :8,16,21 bis, 26

Archives GATM : 22,37

Archives Ouest-France : 2

Archives municipales Saint-Nazaire : 9

Archives Croix-Rouge internationale :31

Archives madeleine Bénizé :27

Archives Gilles Thorel : 34

Club Philatélique nazairien : 21

Droits réservés : 1,7,13,33,35

Mise en page : Christian Martin

icoFacebook35Color icoComment35Color
icoFacebook35Color icoComment35Color
0 commentaire(s)
ou
Connectez-vous
Aucun commentaire pour le moment.
Consultez également
Treize documents<br />
du XVIIIe siècle, et deux Lettres ....

Treize documents
du XVIIIe siècle, et deux Lettres ....

En 2019, la famille Monvoisin faisait don des notes, archives ,documents, revues, ouvrages que...

Yves-Marie ALLAIN
18 mars 2025
Professions d'antan : Perceur de<br />
navire et calfat.

Professions d'antan : Perceur de
navire et calfat.

Dans l’acte de mariage de l’un de mes grands ancêtres, Georges Célestin De La Bouëre (1866 –...

Yves-Marie ALLAIN
7 janvier 2025
Sur les mers et océans,un ancêtre du conteneur, le tonneau.

Sur les mers et océans,un ancêtre du conteneur, le tonneau.

L’exposition temporaire de 2024 du Musée de la marine en bois du Brivet portait le titre Des...

Yves-Marie ALLAIN
19 octobre 2024
Reconstitution du naufrage du Tacite

Reconstitution du naufrage du Tacite

Cette reconstitution du naufrage du Tacite tel qu’il aurait pu se passer (Cf précédente lettre...

Raymond PRONER
11 juin 2024
L'eau à bord des navires

L'eau à bord des navires

L’eau à bord des navires : Comment avoir de l’eau douce et potable sur les océans avant 1850 ?Le...

Yves-Marie ALLAIN
19 octobre 2023
Les mousses de Brière

Les mousses de Brière

Les Mousses de Brière au 17ème et 18ème siècle.Au 17 et 18ème siècle les hommes étant partis...

Christian MARTIN
20 mai 2023
icoFacebook24Color icoYoutube24Color
  • Plan du site
  • Licences
  • Mentions légales
  • CGUV
  • Paramétrer les cookies
  • Se connecter
  • Propulsé par AssoConnect, le logiciel des associations Culturelles